mardi 27 décembre 2005
Le défi 9, épilogue
Vous souvenez-vous de ÇA :?
Et bien j'ai jugé le moment venu de sortir la Chose du congélateur pour en faire quelque chose de mangeable.
Audacieux défi!!!
Grâce à mon imagination fertile et l'expérience acquise durant mon premier essai, il ne me suffira cette fois que d'une soirée pour compléter un merveilleux dessert qui alliera moelleux et chocolat.
Cette
fois, j'ai un atout majeur : un pot de cerises griottes! Tout le monde
aime les cerises. Les cerises, c'est le Bonbon Universel. Je ne connais
personne qui n'aime pas les cerises. Et s'il y en a qui prétendent ne
pas aimer les cerises, c'est des menteurs. Parce que les cerises, c'est
bon.
Bref, je me lance pour la version imaginative de la Recette. Je sépare mon reste de pâte en deux. Ensuite, GO!
Notez que cette fois, pour que la garniture puisse tenir (et surtout pour éviter d'avoir à peser comme une débile alors que jeter des choses sur le dessus à l'oeil c'est bien plus facile), je mets l'une des deux pâtes dans un moule à bords relevés.
Oui, cette précieuse mélasse à 6.90 euros pour 500ml, je la verse sans même compter, et allez hop! rien de trop beau, soyons fous!
Jusqu'ici, rien de bien nouveau, sauf la forme révolutionnaire de la pâte. Ensuite, comme la dernière fois, on laisse à l'étuve (ou à la douce chaleur du poêle à 28C) environ 20 minutes. Avec le 2e morceau de pâte qui, lui, peut rester à plat.
Pendant ce temps,...hacher le chocolat noir
Et préparer...un petit mélange d'alcool et de jus de cerises
Ce sera pour badigeonner la pâte pour lui donner du moelleux. Du moins pour lui enlever un peu de sa lourdeur massive.
Généreux, la crème. On mélange un peu pour faire une bouse, et on
imbibe avec notre mélange d'alcool et de jus de cerises. Bien imbibé.
Ne pas avoir peur d'en mettre.
Et puis du chocolat par-dessus, allons!
On peut alors mettre la 2e croûte par-dessus la premièreon imbibe encore
Puis on remet au four pour faire cuire un peu. Là, je fais vraiment
dans le pif, car c'est difficile à dire si c'est cuit ou pas. D'autant plus que le chocolat du dessus n'arrive pas à fondre!
Le suspence est insoutenable. Va-ce tenir???OUIIIIIIII!
Oui, bon, pour la crème chantilly, j'aurais pu me forcer et en faire, mais c'est tellement plus facile de peser sur le piton de la cacanne de fausse crème fouettée...
Alors? Alors, c'est bon. Parce qu'il y a des cerises. Sinon, c'est ordinaire.
En conclusion, je dois dire que ce qui n'était pas bon dans la recette, c'est d'abord la pâte, qui aurait avantage à être remplacée par un gâteau plus léger, puis la garniture, qui est absolument immonde. La méthode était trop difficile, le temps requis était prohibitif, le coût aussi, et l'apparance finale de la chose était un peu infecte.
Notez que ma recette-défi originale (voir les épisodes 1 à 8) était tirée d'un livre de recettes d'un Grand Chef français mondialement connu, dont je tairai le nom de peur de me faire poursuivre en justice.
Et bien, merci Grand Chef! Mais la prochaine fois, je suivrai les conseils de Mercotte et les recette du blogue «J'irai cracher sur ton micro-ondes»...
lundi 19 décembre 2005
Le défi, partie 8 : garnissons!
LE LENDEMAIN MATIN
Chéri, en voyant la pâte, me déclare qu'il espère que je me suis bien lavé les mains avant de pétrir ça. Je lui réponds que non, et que c'est pour ça qu'elle est brune. Non, mais de quoi je me mêle! Je me tue depuis plus d'une semaine à vouloir lui fabriquer une pizza au chocolat et en plus il se permet de critiquer???
Je reprends donc ma boule de frigo, où je l'avais placée la veille. Enfer! La boule a de nouveau gonflé! Le beurre qu'elle contenait a figé et c'est devenu tout dur.
Il me semble que c'est gros. Je vais la séparer en deux. Tiens, on dirait un cerveau...
Je dois préparer mes armes : le ROULEAU À PÂTE!
On y va? On éfouére la pâte avec le rouleau, et on met de la farine
parce que ça colle partout sinon. J'en ferai deux petites, parce que
sinon mon papier ne sera pas assez grand.
Et voilà le résultat. Oui, je sais, ce n'est pas tout à fait circulaire, mais c'est relativement plat.
Il me reste à faire la garniture. On disait «Saupoudrez chaque cercle de pâte de sucre mélasse, de cacao en
poudre et de noisettes de beurre.» Je vais commencer par tartiner avec de la mélasse.
Ensuite passons au cacao (pour ça j'ai encore besoin de peser la
poudre, de la tamiser, d'en renverser partout, de la remettre dans ma
mesure, puis finalement de me dire que d'la marde, je vais tout
simplement saupoudrer au pif, ce sera beaucoup plus simple).
Ça donne ça :
J'en suis aux noisettes de beurre. Cette fois-ci, pas de chance à
prendre : ce sera du vrai beurre, du beurre salé. Quant aux noisettes,
je vais râper avec mon couteau et voilà. Au pif.
Poursuivons avec les instructions. «Disposez chaque pizza sur une plaque
et glissez-la dans l'étuve pendant 20 minutes à 28°C. Si vous n'avez pas d'étuve, laissez la pâte à température ambiante.»
Je ne fais ni une ni deux, je chauffe le four une minute, je l'éteints
quand il me semble tiédasse, et j'y enfourne mes pizzas.
Ouaaaa, ça gonfle! Je me demande bien comment je vais procéder à la
suite de la garniture! Bah, on verra bien. Déjà le beurre est fondu (ça
fait même des croûtes peu ragoûtantes sur le dessus).
Ensuite? «Ensuite,
mettez la plaque au four à 180°C pendant 10 minutes.» Ça n'a pas amélioré mon problème.
On dit ensuite : «Arrosez alors les
pizzas de crème liquide et cuisez encore jusqu'à ce que la garniture
fasse une mélasse.»
Je vais faire comment, moi, pour mettre de la crème liquide sur cette
surface bombée??? J'ai bien tenté de la transférer dans une assiette à
tarte, mais c'était tout mollasson et je préférais ne rien risquer.
J'ai donc tenté au moins de sculpter ma pizza en forme de pizza, et
d'en remonter les bords.
J'arrive ensuite avec la crème liquide.
Ça donne ça. Beurk.
Pendant que ça cuit, je vais faire des copeaux de chocolat. L'un à
70% et l'autre chocolat au lait. C'est beaucoup plus facile à râper que
du beurre!
Les instructions ne disent même pas combien de temps il faut cuire, même pas une durée approximative. Ce livre de recette n'est décidément qu'une décoration. Pfffft. «...et cuisez encore jusqu'à ce que la garniture fasse une mélasse». Une mélasse??? Je suis mal barrée, comme dit Belle-Mama (qui, entretemps, a réussi de magnifiques gâteaux au yaourt...).
Alors je décide de simplement voir si la pâte est à peu près cuite
en coupant discrètement un morceau de croûte. Je tremple dans mes
copeaux de chocolat avant de goûter parce que je suis brave, mais pas
téméraire.
Et enfin, je goûte :
Heuuuuuuu... Bon, mettons que c'est cuit.
Je saupoudre avec mes copeaux de chocolat. «Parsemez sur les pizzas à la fin de la cuisson.» Encore un peu. Allons-y généreusement, pour camoufler le goût...
Poursuivons la recette : «Servez la pizza entière en la coupant en portions longues et gourmandes comme elle est présentée dans les rues de New-York.» Oui, c'est ça. Ça goûte un peu les rues de New-York...
Il y a moyen de rendre ça un peu plus appétissant...
Et voilà! Servons fièrement (gloup!) à Chéri!
Verdict : «C'est fin, très fin, ça se mange sans faim!»
Tant mieux car il me reste encore la moitié de la pâte que j'ai rangée au congélateur pour un usage futur...
samedi 17 décembre 2005
Le défi, partie 7 : la renaissance!
On
se rappelle que j'avais laissé mon public en haleine en allant écouter
la télé et en oubliant ma bouboule de pâte de pizza au chocolat dans le
four à 25C. Hercule Poirot a découvert le meurtrier et je retourne sans
conviction voir ce qui se passe dans le four.
ÔÔÔÔ Miracle de la technologie!
Si, si, vous avez bien vu! Ça a DOUBLÉ de volume!!!
(La seconde photo est prise avec le flash, c'est le même principe que les publicitaires qui mettent des photos «avant-après» : pour accentuer la différence, dans la photo «avant», la fille (car c'est toujours une fille) est mal coiffée et ne sourit pas, et dans la photo «après», elle est coiffée, maquillée, et sourit toutes dents dehors. Quel que soit le produit annoncé.)
Bref. On dirait que ça a marché et je peux procéder à la suite des opérations! Mercotte n'a qu'à bien se tenir!
Lorsqu'elle a doublé de volume, rabattez-la : appuyez dessus pour chasser l'air... Go! J'y enfonce les poings allègrement!
Ah oui! Ça a fait «Pchouououououout!» et l'air est sorti. Ma bouboule s'est éfouérée lamentablement. Mais c'était prévu. Ils disent bien de chasser l'air.
...puis donnez-lui la forme d'une boule bien ronde. Stockez la au frais.
Après tripotage, la masse est revenue à son statut de naine brune. Je la remets en boule, je pose un film dessus (pour les Québécois, un film, ce n'est pas une chose qu'on demande à Télécino de nous faire tourner, mais bien du saran-wrap). Je la mets au frigo et je l'oublie jusqu'au lendemain.
Et maintenant, les amis, il est l'heure du dodo! Suite de ces palpitantes aventures dès demain!!!
Le défi, partie 6 : la débâcle!
Plus de raison de procrastiner! J'ai la mélasse, je me lance!!!
Armée de Belle-Mama (qui faisait des gâteaux de son côté et qui écoutait avec complaisance mes jérémiades), mais point du mixer, je décide que ce soir est LE grand soir et c'est parti!!!
D'abord, la farine. Tamisez la farine.
Moi j'aurais bien tout foutu dans le bol sans tamiser, mais Belle-Mama
ne voulait pas. Elle m'a donc sorti son tamis, un objet rigolo, qui me
rappelait des souvenirs de bac à sable (le carré de sable, pour les
Québécois).
J'ai donc tamisé mes 250g de farine laborieusement mesurés auparavent,
tout en regrettant qu'il n'y en ait pas plus à tamiser tellement
c'était le fun.
Bon, ceci fait, je passe à la suite. Mélanger l'eau et la levure. Ouais. 2,5 cl d'eau. Faut pas que j'oublie que je ne fais qu'une demi-recette donc je dois couper de moitié. Naturellement, toute fière de n'avoir pas mis 2,5 litres d'eau (divisé en deux), ni même 0,25 litre d'eau (divisé en deux) et heureuse d'avoir déduit qu'il ne me fallait que 0,025 litre d'eau (donc 25g, donc environ 5 cuillères à thé, selon le tableau de conversion du chef Simon), j'ai oublié du coup de diviser en deux. Donc j'ai mis 2,5 cuillères à thé d'eau de trop dans ma levure, qui est devenue hyper-délayée. Mais pas question de rajouter un autre petit sachet de levure, sinon ça va fermenter.
Un peu trop liquide, mais passons.
Je cherche dans la recette à quel endroit je dois mettre le 25g de
cacao en poudre. Je ne trouve pas. Ça vaut bien la peine d'avoir un
livre de recette prout-prout s'il est bourré d'erreurs. Tant pis, je la
mets avec la farine. C'est de la poudre de cacao inca, très prout-prout
aussi, dont le sachet en lin jaune teinture naturelle tissé à la main
est scellé à la cire. Il est composé de cacao biologique, de roucou, de
bois d'ine, de sucre de canne non raffiné (de nos jours, il est très tendance de dire qu'on mange non raffiné... Ya que les paysans mal dégrossis qui mangent raffiné),
et du piment de Cayenne. Notez que ce sont les ingrédients de la poudre
de cacao, et non du sachet que je viens de vous énumérer.
J'incorpore via le tamis, bien sûr, pour m'amuser. Pis parce qu'il y a des mottons dans ma poudre inca de paysan mal dégrossi mais prout-prout.
Ah
zut! J'ai encore oublié de diviser en deux, il ne me fallait que
12,5g!!! Je vais tenter de réparer la gaffe. Je ramasse un peu de cacao
qui est sur le dessus de la montagne de farine.
Dans le mixer, mettez la farine, la levure délayée, le sel, le sucre et les oeufs. On voit bien qu'il n'est pas mention du cacao. Pfffft. Bah. Au point où j'en suis...
Puisque je
n'ai pas de mixer, je mets tout : farine, cacao, sel, sucre et oeufs
dans le grand bol. 15g de sel = 3 cuillèrées à thé, divisé en deux donne
1,5 cuillèrées à thé. Beuuuuurk! Je vais n'en mettre qu'une. 40g de
sucre = 4 cuillèrées à thé, divisé en deux donne 2, j'en mets une dans
ma levure délayée (pour la nourrir, car la levure c'est vivant!) et l'autre
dans mon bol. Et 3 oeufs.
Je n'ai pas encore mis la levure, j'hésite. Mais aaaaaaallez, hop!
On dirait une face de clown... Cuisiner en s'amusant. C'est le bac à sable qui m'a ramenée en enfance... Allons, un peu de sérieux et voyons la suite. Pétrissez avec le crochet pour donner du corps à la pâte. Je vais pétrir avec la fourchette, ça va faire pareil. Je ne m'appelle pas Capitaine Crochet, moi!
J'ai des doutes sur le résultat, alors... «BELLE-MAMAAAAAAA! C'EST NORMAAAAAL, CETTE PÂTE IMMONDE?»
Belle-Mama dit poliment que peut-être bin qu'oui. Elle est toujours dans ses gâteaux (une alternative à ma pizza au chocolat, au cas où je la raterais???).
Ensuite, incorporez le beurre petit à petit jusqu'à ce que la
pâte se décolle de la cuve. 350g divisé en deux. 175g. Je dois quand même faire un peu ramollir le
beurre car j'ai pas de machine qui va brasser ça pour moi....
J'incorpore donc le beurre. Même si je l'ai laissé un peu trop longtemps au micro-ondes.
C'est... euh... Disons que la pâte n'a pas trop de chance de «décoller de la cuve»...
Non,
mais c'est quoi cette merdouille abjecte??? Ça ne se tient même pas!
C'est supposé être une pâte, pas un mélange à gâteau... C'est trop liquide! Ce doit être à cause des 12,5g d'eau que j'ai mis en trop avec ma levure! (En plus j'y ai
goûté, c'est dégueulasse, j'aurais dû utiliser du beurre salé, au moins!)
Je me résigne à rajouter de la farine pour épaissir tout ça.
J'ai un moment de regret pour le temps que j'ai mis à calculer exactement 250g de
farine, mais il faut ce qu'il faut. Et puis, tamiser, c'est amusant.
À force de patience et de farine, ça finit par ressembler à quelque chose qui serait susceptible d'être «rassemblé en boule».
Bon, c'es tpas tout, ça, il faut maintenant que je mette la pâte «à pousser à température ambiante» jusqu'à ce qu'elle ait «doublé de volume»!!!
Mmmm...
c'est mal barré. J'ai une horrible bouboule massive et froide. Une naine
brune. Pas encore un trou noir. Je me demande bien comment une chose
pareille va bien pouvoir lever!!! Pas de chance à prendre, je mets tout ça au
four à 25C (juste pour dire que c'est un peu plus tiédasse, au moins).
J'ai le temps de monter à mon ordi consulter Mercotte, et de m'épancher sur son épaule virtuelle. Elle me répond qu'elle sait bien que c'est un merdouille mais qu'elle joue le jeu et qu'elle rit de moi dans son coin. «je sais je sais bien, mais je joue le jeu moi aussi, ceci dit tu entretiens bien le suspense ! et je ris toute seule dans mon coin !».
Dépitée, je décide d'oublier ça un peu, de toute façon c'est l'heure de mon émission favorite et je ne veux pas la manquer. CHUT! Ça commence!
vendredi 16 décembre 2005
Le défi, partie 5 : la mélasse!
J'ai enfin trouvé de la mélasse!
Grâce aux indications de Mercotte, qui m'a signalé qu'on appelait aussi la mélasse «sirop de batterie» (ouais, bon, c'est pas pire que notre «sirop de poteau»...), et qu'on pouvait le trouver dans les commerces antillais.
Je me suis donc précipitée à l'Étoile des Antilles (petit commerce antillais de ma rue),
... pour demander, d'un air négligeant : «Ouais euuuuuuh, zavez pas du sirop de batterieuuuu, ouais?» avec mon accent parisien.
- Bin oui, qu'il me dit, avec un accent créole, il en reste une bouteille en arrière.
J'ai donc sauté sur la bouteille comme la misère sur le pauvre monde.
Mais
bien que je ne l'aie pas achetée rue Saint Charles, ou chez
Hédiaaaââârd, ou dans le XVIe arrondissement, je l'ai vraiment payée à
prix d'or!!!
Si c'est pas honteux, 6,90 euros pour 500 ml, alors qu'un litre de mélasse coûte environ 2$ dans n'importe quel supermarché au Québec! Je ne suis pas près de faire des binnes, moi!
Bon, le temps de me remettre de mes émotions, et je vais chercher ce satané mixer dont j'ignore encore la localisation...
(Nous avançons à grands pas sur la route jonchée d'obstacles de la pizza au chocolat!!!)
jeudi 15 décembre 2005
Le défi, partie 4 : la pesée
Puisque tout le monde s'impatiente, y compris Chéri, j'ai décidé de m'avancer un peu. Pleine de bonne volonté, je descends la brique (enfin le livre de recette qui pèse une tonne) dans la cuisine et je m'y mets!!!
Étape 1 : je localise la levure et je lis les instructions!
Je constate que le poids d'un sachet n'est pas indiqué. Par contre, on dit que un sachet permet de faire lever précisément 250g de farine. Puisque j'ai décidé de faire une demi-recette, et que j'ai par conséquent besoin de 500/2 = 250g de farine, je réquisitionne un sachet.
Étape 2 : je dois peser la farine!
Me voilà bien embêtée car je suis chez Belle-Mama, et, bien que Belle-Mama m'ait affirmée qu'elle possédait une balance car elle ne pouvait cuisiner sans balance, je ne trouve pas la balance. Ni Belle-Mama. En fait, je vois bien une chose étrange, la seule qui pourrait servir à peser des aliments, mais cela semble un peu laborieux. Enfin. Peut-être que Belle-Mama est de la vieille école et qu'elle utilise vraiment cet engin...
Heureusement, j'ai aussi, comme vous pouvez le voir, localisé le jeu de petits poids.
Bon, puisqu'il le faut, allons-y!
D'abord,
puisqu'il me faut 250g net de farine, il faut que j'ajuste ma balance
pour équilibrer le poids du bol qui contiendra la farine.
Voilà qui est fait!
J'ajoute ensuite à la pesée (pas du côté de la farine, mais du côté du bol, vous me suivez?) un poids de 200g et un poids de 50g. Pour donner 250g. Si, si.
Il ne me reste qu'à ajouter de la farine peu à peu dans l'assiette jusqu'à ce que la balance s'équilibre de nouveau. Ça me rappelle mon cours de physique au Collège de l'Assomption, en secondaire IV.
Voilà
qui est mieux. Mais tout ça a pris du temps, car chaque fois, il faut
attendre que la balance cesse d'osciller et tenir compte de la
précéssion des équinoxes, du mouvement gyroscopique, ainsi que de
l'influx magnétique des orages solaires.
Bref, j'ai mon petit plat de farine, mon sachet de levure, et je vais foutre tout ça au frigo.
Pas
parce que c'est demandé dans la recette, mais parce qu'il faut encore
peser le beurre, ainsi que des quantités homéopatiques de sel, de
sucre, de poudre de cacao... Si je continue avec ma méthode, je n'aurai
pas fini avant minuit.
Et ensuite, il me faut un MIXER!!! Là je me sens un peu dépourvue. Mon cours de physique de secondaire IV ne m'a pas préparé à cette corvée. Et où est-il, ce satané mixer???
Assez de questions existentielles pour aujourd'hui. J'ai fait mon effort. De toute façon, pour souper je vais faire des pâtes. C'est plus dans mes cordes. Et comme dessert, il reste encore des carrés aux rice krispies.
Dernière minute : Belle Mama est rentrée et m'a sorti son assortiment de balances... (elle a ri de moi!?!)
jeudi 8 décembre 2005
Le défi, partie 3 : les démarches!
Laissez-moi vous faire part de ma première démarche en vue d'effectuer la Recette du Diable, conspuée par Mercotte elle-même dans un commentaire dans lequel elle rendait les armes, complètement défaite, à mes pieds, telle une Vercingétorix de la fourchette.
C'est ainsi que forte de mon hégémonie culinaire, je me rendis nonchalament à l'Intermarché avec l'aisance affectée d'une Parisienne pure laine, armée de mon cabas à provisions, et me ruai vers un autochtone intermarchéen.
- Mon brââââveuuuu? éructé-je, avec le ton de circonstance que l'on arbore dans le but d'attirer l'attention du bas-peuple travailleur qui n'a pas que ça à faire, à répondre aux conasses qui veulent à tout prix faire de la pizza au chocolat.
Celui-ci (le brâââveuuu) était en train d'empiler des boîtes devant le rayon des surgelés. Obnubilé par mon charisme, il se précipita pour m'assister dans la Quête du Saint-Graal.
- Vous désirez?
- Avez-vous du sucre-mélasse?
Eût-il été Québécois, j'eus entendu : «De kossé?». C'est ce que je pus lire dans le langage non-verbal universel, en plus de son «Uh? Plait-il?» un brin franchouillard.
Bon. Je me résigne à m'exprimer normalement : «Bin, d'la m'lasse? C'est liquide, épais, sucré...» Plein de bonne volonté, monsieur intermarché-du-rayon-surgelés me ramène au rayon «sucre» que j'avais déjà inspecté auparavent. Là, on trouve du sucre candy, du sucre en poudre, en cristeaux, en morceaux, en morceaux bruns, en morceaux blancs, en demi-morceaux, de l'aspartame, de la cassonade, de la gervoise blonde, de la brune, des morceaux de canne, du fin, de l'extra-fin, du raffiné, du brut, de l'infra-brut... Il y a de tout, sauf de la mélasse.
- Ah non, désolé, ma p'tite dame, je ne vois vraiment pas ce que vous voulez. Tout le sucre est là. En plus, ce n'est pas mon rayon.
Et puis il était 17h, il devait rentrer à Levallois. Le terrain était lourd, et les sangliers avaient mangé des cochonneries. N'importe quoi.
Mon élan créateur de la journée est coupé net. Définitivement pas de mélasse. Adieu veau, vache, cochons et pizzas au chocolat. Du moins pour ce soir. Je rentre bredouille à la maison (mais avec tout de même une baguette qui dépasse de mon cabas, la tenue-camouflage par excellence pour passer pour une Française).
Je me dois donc de lancer un appel à tous : OÙ C'EST QU'ON TROUVE ÇA, DU CALVAIRE DE SUCRE-MÉLASSE, BORD D'AILE DE MER...???
mercredi 7 décembre 2005
La recette-défi! Partie 2
Voici l'étape 2 du défi.
(Rappel : il s'agit d'une recette choisie par Chéri, dans un livre de recette qui sert plus de décoration qu'autre chose.)
Commençons par l'énoncé des ingrédients.
Pour la pâte à brioche chocolat :
- Levure de boulanger : 25 g
- Eau : 2,5 cl
- Farine type 45 : 500 g
- Cacao en poudre : 25 g
- Sel : 15 g
- Sucre : 40 g
- Oeufs : 6 oeufs
- Beurre : 350 g
Déjà on voit comme ça n'a pas d'allure : 6
oeufs, presque une livre de beurre... Faut surtout pas se fourrer entre
les cl et les dl et les ml... Et pour les grammes, c'est impératif que
je me trouve une balance. Mais comment font-ils pour cuisiner, les
Français, avec des recettes pareilles!?! Bon, c'est pas tout, il y a
aussi la garniture au chocolat :
Pour le chocolat :
- Sucre mélasse : 120 g
- Cacao en poudre : 90 g
- Beurre : 100 g
- Crème liquide : 20 cl
- Chocolat noir à 70% : 100 g
- Chocolat au lait 40% : 100 g
Et ça continue avec du beurre, de la crème... beurk! Enfin, chéri voulait celle-là, on va bien voir ce que ça donne. Voyons maintenant les instructions...
La veille, préparez la pâte à brioche.
- Tamisez la farine. Mélanger l'eau et la levure. Jusqu'ici,
rien de terriblement compliqué. Quoique le tamisage de la farine,
c'était bon pour nos grand-mères. De nos jours, la farine est
pré-tamisée, ou bien si elle ne l'est pas, je n'ai jamais vu la
différence. Pour ce qui est de mélanger l'eau et la levure, puisque ma
levure est séchée, je prévois la mélanger avec de l'eau tiède, au moins!
- Dans le mixer, mettez la farine, la levure délayée, le sel, le
sucre et les oeufs. Pétrissez avec le crochet pour donner du corps à la
pâte. Ensuite, incorporez le beurre petit à petit jusqu'à ce que la
pâte se décolle de la cuve.
Pétrir avec un crochet??? C'est quoi ça??? Non mais! Et pourquoi mettre
au mixer??? Je vais mettre dans un honnête bol et brasser à la
fourchette, comme une personne civilisée!
- Rassemblez en boule. Mettez la pâte à pousser à température ambiante.
Mettre la pâte à «pousser»! C'est vraiment n'importe quoi! D'après la
phrase suivante, je suppose que c'est «gonfler», tout simplement.
- Lorsqu'elle a doublé de volume, rabattez-la : appuyez dessus pour chasser l'air puis donnez-lui la forme d'une boule bien ronde. Stockez la au frais. Maintenant, il faut la «rabattre»! Heureusement qu'ils donnent la description de l'action à faire sinon on serait perdus!!! Et une boule bien ronde! Zut! Moi qui avait l'intention de faire une boule bien carrée!!!
Le lendemain, terminez la pâte à brioche.
- Coupez la pâte en portions de 300 g. Abaissez chaque portion à 3 mm en lui donnant une forme ronde comme celle d'une pizza, sur un diamètre de 35 cm environ. «Abaisser» : v'là autre chose! Je vais la rouler, ça va faire pareil. Quant à la forme ronde comme celle d'une pizza, encore heureux qu'ils expliquent à quoi ressemble une forme ronde, sinon j'aurais pas compris (je suis nulle, mais là, ils exagèrent!). Et puis ça recommence avec la balance à bouffe. Faut que je trouve une balance à bouffe, moi!
Garnissez la pizza :
- Saupoudrez chaque cercle de pâte de sucre mélasse, de cacao en poudre et de noisettes de beurre. Disposez chaque pizza sur une plaque et glissez-la dans l'étuve pendant 20 minutes à 28°C. Si vous n'avez pas d'étuve, laissez la pâte à température ambiante. Une étuve??? Non, je n'ai pas d'étuve. Et je veux bien saupoudrer le cercle avec de la poudre, mais saupoudrer avec de la mélasse, et soupoudrer avec des noisettes de beurre...
- Ensuite,
mettez la plaque au four à 180°C pendant 10 minutes. Arrosez alors les
pizzas de crème liquide et cuisez encore jusqu'à ce que la garniture
fasse une mélasse. Si je regarde sur la traduction anglaise de la recette (oui, c'est un livre bilingue), je constate que 180°C =350°F.
- Concassez finement le chocolat noir et le chocolat au lait. Parsemez sur les pizzas à la fin de la cuisson. Bon, ça, c'est assez facile.
Présentation :
- Servez la pizza entière en la coupant en portions longues et gourmandes comme elle est présentée dans les rues de New-York. Je ne savais pas que les rues de New-York étaient parsemées de pizzas au chocolat.
- Si vous souhaitez faire des pizzas individuelles, détaillez la pâte en portions de 60 g.
Je vous laisse donc tenter la recette en premier, vous avez tous les éléments en main. Quant à moi, il va me falloir encore quelques jours, le temps de rassembler tous ces ingrédients. D'autant plus que la vie trépidante de Paris m'appelle!!!
lundi 5 décembre 2005
Le défi, partie I
L'an dernier, pour les Fêtes, mon beau'f et ma belle's français m'ont offert un livre de recettes. À moi. Non mais. Moi, la nulle. Et attention! Pas un livre de recette genre «La cuisine pour les débutants crétins qui ne savent même pas se faire cuire un oeuf» mais une brique qui pèse environ 5 kilos (je vous jure!!!), remplie de recettes prout-prout absolument pas faisables, et avec plein de photos qui ressemblent plus à des Picasso qu'à de la bouffe. Surtout que ces petits «plats» sont de minuscules crottes de couleur dans une page totalement blanche.
Voyez plutôt.
Et ici, soupe de chataigne, lard séché/croquant, champigons, crème-mousse au cerfeuil
Et je vous jure que ce sont trois exemples pris totalement au hasard!!!
Alors bien sûr, ce livre très beau mais totalement inutile n'a jamais franchi le mur de ma valise (puisqu'il boufferait 50% du poids permis sur Air Transit). Je l'ai donc retrouvé, en même temps que toutes les merdouilles que j'ai laissées en France la dernière fois. Mais je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie.
Puisqu'il faut bien que ce livre finisse par servir, je propose à Chéri de choisir une recette, et je lui dis que je la ferai. Si je me concentre suffisament longtemps sur une recette en particulier, je vais bien finir par aboutir à quelque chose. Je lui tends donc le livre. Il réfléchit, tourne les pages...
Son choix se porte sur... LA PIZZA AU CHOCOLAT!
(Non mais quel naze!)
C'est donc «ça» qui va constituer mon défi. Mais ne vous attendez pas au résultat dès demain! Chaque chose en son temps. Je dois observer les ingrédients, les rassembler, décortiquer le vrai du faux (ne me dites pas que dans un livre comme ça il n'y a pas une grosse part de tape-à-l'oeil!!!) et procéder à l'adaptation de la recette pour les nuls.
Demain, je vous donne la recette, commentée. Les as de la cuisine pourront ainsi me devancer et tenter le coup. Les deux de pique pourront attendre que je fasse les gaffes à leur place, car...
... dans un prochain temps, je vous donnerai L'EXÉCUTION de la recette, commentée et illustrée. MAIS...
...JE RELÈVE LE DÉFI!!!