lundi 2 janvier 2006
Le gâteau aux fruits de Noel
La Belledoche a tellement aimé cuisiner avec moi qu'elle a insisté pour que je l'assiste dans la confection de son «cake» annuel.
- Votre quoi??? m'étonné-je, les sourcils au plafond comme si elle parlais japonais.
- Mon c-a-k-e! répété-t-elle, en articulant exagérément comme si j'étais une demeurée mentale.
Habituée maintenant à la langue française telle que parlée dans le Berceau de la francophonie, je traduis : ce doit être un gâteau. En effet, c'est un gâteau. Le gâteau aux fruits de Noel de mon enfance, mais sans mélasse. Pauvre France!
- Aaaaaah votre gâ-teau!!! répondis-je comme si la lumière venait de se s'allumer dans mon cerveau.
Enfin. J'accepte la tâche et Belle-Mama commence à me donner ses consignes : «Va chercher une douzaine d'oeufs et deux paquets de beurre à la cave.»
Deux paquets de beurre et une douzaine d'oeufs??? Ah oui, ça c'est
un dessert léger, comme le dit le titre du livre de recette que nous
utilisons.
Il s'agit d'un livre de recette édité pour la Société des Produits du Mais (ici, ça va mal car je n'ai pas trouvé le tréma sur mon clavier... pour Noel, passe encore, tout le monde comprend, mais pour le mais, je ne parle pas ici de la conjonction «mais» mais du mais, qui se prononce ma-hisse). Cette société produit les marques Maizena et Alsa j'imagine, car on cite ces deux produits à profusion comme si c'était la panacée universelle. Loin de moi de vouloir critiquer la gastronomie française, mais puisque ces produits sont inconnus au Québec et qu'il faut que je les décrive pour vous suggérer un équivalent, je me dois de mentionner le fait.
Bref, voici les ingrédients requis :
- 200g de farine.
- 100g de Maizena. Ça ressemble drôlement à de la fécule de mais. Dans l'introduction du livre, on dit que son rôle est «d'alléger la pâte». C'est sans doute pour ça que tous les desserts de ce livre sont qualifiés de «légers». Parce qu'on remplace la farine par du fécule de mais.
- 1 sachet de levure chimique Alsacienne Alsa. Ici, il ne s'agit pas de levure, mais de poudre à pâte, et les ingrédients en sont : pyrophosphate de sodium, bicarbonate de sodium (la p'tite vache), et farine de froment.
- 150g de sucre fin. Du sucre, quoi.
- 2 sachets de raisins au rhum Alsa. Ce sont tout simplement des raisins déjà imbibés de rhum. Au lieu de ça, on va simplement prendre des raisins secs et les imbiber de rhum nous-même.
- 100g de raisins de Corinthe. Ça aussi on va les imbiber de rhum, tant qu'à faire.
- 150g de fruits confits coupés en dés. On les met aussi dans le rhum, pourquoi pas???
- 3 gros oeufs ou 4 petits.
- 150g de beurre. Du beurre doux, puisque ensuite on ajoute la grosse pincée de sel. Mais si on met du beurre salé, on n'a qu'à mettre une petite pincée de sel.
- 1 grosse pincée de sel N'oubliez pas de démarrer la vidéo, un peu plus loin, qui illustre mon habile pincée de sel!
- le zeste d'un citron. Des pelures de citron confites, c'est tout aussi bien. Imbibées de rhum. Naturellement.
Belle-Mama fait une double recette. Elle avait commencé la veille, en trempant des raisins secs, des fruits confits et des zestes de citron confits dans du rhum. Généreusement.
Commençons par couper le beurre en petits carrés pour le faire
ramollir au micro-ondes. N'oublions pas la double recette, donc 300g. 1
minute au micro-ondes à médium suffit.
On va maintenant sortir la super-balance et peser le sucre.
Pendant ce temps, je fouette le beurre ramolli.
Nous ajoutons le sucre et nous «travaillons vigoureusement ce
mélance qui doit être onctueux», selon les termes du livre de recettes.
Ça veut dire de brasser jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de mottons.
Incorporer les oeufs entiers, l'un après l'autre. Ça veut dire un à
la fois et Belle-Mama me surveille. Pas question de tricher et d'en
mettre deux à la fois. 8 oeufs, toujours à cause de la double recette.
C'est le moment de mettre la pincée de sel. Démarrez la vidéo pour voir avec quelle dextérité j'utilise cette salière hi-tech!
Un peu de sel
Envoyé à l'origine par coyotedesneiges
Peser ensuite la farine et la Maizena (enfin ce truc-là, qui ressemble à du fécule de mais)...
et on ajoute la levure (comprenez la poudre à pâte), qui se présente ici dans un petit sachet rose, probablement vendu à prix d'or...
On va tout verser ce mélange poudreux (farine-maizena-levure) dans notre mélange onctueux. Tout? Tout,
confirme Belle-Mama, qui ne souffre pas de contradiction. Elle me
recommande tout de même de ne pas casser son fouet quand je vais
brasser encore une fois énergiquement, encore pour éviter que ça ne fasse des mottons.
Rien de cassé, et j'obtiens de nouveau une pâte onctueuse! Il est temps d'introduire les fruits qui ont macéré dans l'alcool!
Nous devons égoutter soigneusement les fruits.
Puis, pour éviter qu'ils ne tombent dans le fond de la pâte pendant la cuisson, il faut les enrober de farine.
Ça va donner ça :
Que faire avec le reste du rhum??? On en verse un peu dans la pâte!
Et le reste? Il est très bon, il a pris un goût de fruits confits. Donc, on y va gaiement avec les fruits confits enfarinés...
On mélange... (avec la cuillère de bois pour éviter de casser le fouet de Belle-Mama)
Puis on verse dans deux (deux parce qu'on a fait une double recette,
vous vous souvenez???) moules recouverts de papier ciré. (Ou de papier
sulfurisé, comme ils disent ici...)
On met au four chaud, th6 (ce qui signifie, selon le chef Simon
: thermostat 6 ou 180°C ou 350°F) pendant 15 minutes, puis au four
moyen th4 (thermostat 4 ou 120°C ou 250°F) pendant 40 minutes.
Démouler et laisser refroidir sur la grille.
Ils ajoutent (dans le livre de recette) que le gâteau (si, si, ils disent bien «gâteau»!!!) est meilleur un peu rassis.
Je sais, la recette aurait dû être publiée avant Noel pour permettre à tous d'en profiter pour Noel, mais puisque le gâteau est meilleur rassis, il sera aussi bon à Noel prochain!
jeudi 29 décembre 2005
Les rochers congolais
À force de faire de la mayonnaise, on se retrouve avec de multiples blancs d'oeufs accumulés dans un pot.
Que faire? De la meringue? Non, trop compliqué. Faisons des ROCHERS CONGOLAIS, recette de Belle-Mama.
C'est d'ailleurs elle qui va procéder à la fabrication, pendant que je lui prodigue conseils et recommandations (telles que «vous êtes sûre?» «pas grâââââve!» ou bien «Beurk, c'est mou!») Belle-Mama adore cuisiner avec moi.
Ingrédients nécéssaires :
- Blancs d'oeuf
- Noix de coco râpée
- Sucre
Nous procédons d'abord avec la pesée. Je vous passe les calculs complexes pour tarer la balance avec la casserolle dont nous nous servirons. Il faut en théorie autant de chaque ingrédient, en poids. En fait, la recette dit : «Pour chaque blanc d'oeuf, 45g de sucre et 45g de noix de coco râpée» Belle-Mama m'assure qu'un blanc d'oeuf pèse 45g. Je lui réponds «vous êtes sûre?».
La casserolle peut peser plus de 45g, m'assure-t-elle. Tant mieux. On y verse donc tous nos blancs d'oeuf. On pèse. Poids net 120g. J'avais tout de même plus de 4 blancs d'oeuf dans mon pot mais enfin.
On ajoute autant de sucre.
On brasse et on chauffe à feu doux pendant 10 minutes. En brassant sans arrêt pour ne pas que le blanc ne pogne en mottons.
on touille Envoyé à l'origine par coyotedesneiges
On arrive ensuite avec la noix de coco râpée.
C'est là que Belle-Mama me révèle qu'elle n'a pas fait de rochers congolais depuis 12 ans, et qu'elle a des doutes.
Et c'est là que je réponds «pas grââââve!».
Après
avoir pesé toujours la même quantité de noix de coco, on verse dans la
casserolle qui a fini ses 10 minutes à feu doux et on brasse encore.
On retire du feu et on laisse reposer pendant 20 minutes.
20 minutes que nous mettons à profit pour faire un petit ménage des armoires où nous trouvons des conserves avec date d'expiration du siècle dernier, des petits pots de vitre dont le contenu est... amusant, et autres délices d'un autre temps.
Retournons à nos rochers.
Normalement, la noix de coco aurait dû gonfler et donner une certaine consistance à notre pâte. Un peu comme ceci : (observez en arrière-plan, les restes de la pizza au chocolat, 2e version)
Mais pour obtenir ce résultat, suite à mon commentaire constructif «beurk, c'est mou»,
beurk c'est mou
Envoyé à l'origine par coyotedesneiges
nous avons dû ajouter au pif un peu de noix de coco et attendre de nouveau pour que ça gonfle. Ceci fait, nous procédons à la sculpture des rochers.
«Des rochers congolais, m'explique Belle-Mama, c'est en forme de
pyramide, comme ça, vois-tu?» Et, joignant le geste à la parole,
elle confectionne une jolie pyramide.
Ah oui, super! Réponds-je. Et sur ce, je me mets à former de jolies
sphères, de jolis cubes, de jolis trapézoides, de jolis carrés, des
jolis dodécaèdres rhombiques, des jolis rhombicuboctaèdres...
On fait cuire au four à environ 150 C pendant 20 minutes.
Ça va dorer, et gonfler un peu. Voyez plutôt.
Nous obtenons de supeeeeerbes choses sucrées qui se conservent fort bien à la température de la pièce. Nous allons tout de même tenter de les manger avant 2010.
D'ailleurs c'est délicieux. Même Chéri en a mangé!
mardi 27 décembre 2005
Le défi 9, épilogue
Vous souvenez-vous de ÇA :?
Et bien j'ai jugé le moment venu de sortir la Chose du congélateur pour en faire quelque chose de mangeable.
Audacieux défi!!!
Grâce à mon imagination fertile et l'expérience acquise durant mon premier essai, il ne me suffira cette fois que d'une soirée pour compléter un merveilleux dessert qui alliera moelleux et chocolat.
Cette
fois, j'ai un atout majeur : un pot de cerises griottes! Tout le monde
aime les cerises. Les cerises, c'est le Bonbon Universel. Je ne connais
personne qui n'aime pas les cerises. Et s'il y en a qui prétendent ne
pas aimer les cerises, c'est des menteurs. Parce que les cerises, c'est
bon.
Bref, je me lance pour la version imaginative de la Recette. Je sépare mon reste de pâte en deux. Ensuite, GO!
Notez que cette fois, pour que la garniture puisse tenir (et surtout pour éviter d'avoir à peser comme une débile alors que jeter des choses sur le dessus à l'oeil c'est bien plus facile), je mets l'une des deux pâtes dans un moule à bords relevés.
Oui, cette précieuse mélasse à 6.90 euros pour 500ml, je la verse sans même compter, et allez hop! rien de trop beau, soyons fous!
Jusqu'ici, rien de bien nouveau, sauf la forme révolutionnaire de la pâte. Ensuite, comme la dernière fois, on laisse à l'étuve (ou à la douce chaleur du poêle à 28C) environ 20 minutes. Avec le 2e morceau de pâte qui, lui, peut rester à plat.
Pendant ce temps,...hacher le chocolat noir
Et préparer...un petit mélange d'alcool et de jus de cerises
Ce sera pour badigeonner la pâte pour lui donner du moelleux. Du moins pour lui enlever un peu de sa lourdeur massive.
Généreux, la crème. On mélange un peu pour faire une bouse, et on
imbibe avec notre mélange d'alcool et de jus de cerises. Bien imbibé.
Ne pas avoir peur d'en mettre.
Et puis du chocolat par-dessus, allons!
On peut alors mettre la 2e croûte par-dessus la premièreon imbibe encore
Puis on remet au four pour faire cuire un peu. Là, je fais vraiment
dans le pif, car c'est difficile à dire si c'est cuit ou pas. D'autant plus que le chocolat du dessus n'arrive pas à fondre!
Le suspence est insoutenable. Va-ce tenir???OUIIIIIIII!
Oui, bon, pour la crème chantilly, j'aurais pu me forcer et en faire, mais c'est tellement plus facile de peser sur le piton de la cacanne de fausse crème fouettée...
Alors? Alors, c'est bon. Parce qu'il y a des cerises. Sinon, c'est ordinaire.
En conclusion, je dois dire que ce qui n'était pas bon dans la recette, c'est d'abord la pâte, qui aurait avantage à être remplacée par un gâteau plus léger, puis la garniture, qui est absolument immonde. La méthode était trop difficile, le temps requis était prohibitif, le coût aussi, et l'apparance finale de la chose était un peu infecte.
Notez que ma recette-défi originale (voir les épisodes 1 à 8) était tirée d'un livre de recettes d'un Grand Chef français mondialement connu, dont je tairai le nom de peur de me faire poursuivre en justice.
Et bien, merci Grand Chef! Mais la prochaine fois, je suivrai les conseils de Mercotte et les recette du blogue «J'irai cracher sur ton micro-ondes»...
mardi 20 décembre 2005
Le joli mango
Pour se reposer de la recette maléfique tirée du livre de recette du Grand Chef (je reparlerai plus tard de ce livre, car il va falloir que je me défoule un peu), voici une idée de présentation. C'est rapide, on ne se casse pas la tête, et on a l'air d'être une pro de la cuisine.
D'aibord, on coupe le mango en trois (de chaque côté du noyau, parce que le noyau, il est pas coupable. Donc il est innocent.)
Ensuite, on pogne une des extrémités, et on coupe en quadrillés la chair. Mais pas la peau.
Puis, d'un geste élégant, on revire le tout! On obtient comme par magiiiiiiie un hérisson!
On fait la même chose avec l'autre moitié, et on sert le noyau à l'invité numéro trois, qui serait, mettons, la cinquième roue du carosse, ou plutôt la troisième roue de la bicyclette, pour lui faire comprendre qu'il (elle) est de trop!
lundi 19 décembre 2005
Le défi, partie 8 : garnissons!
LE LENDEMAIN MATIN
Chéri, en voyant la pâte, me déclare qu'il espère que je me suis bien lavé les mains avant de pétrir ça. Je lui réponds que non, et que c'est pour ça qu'elle est brune. Non, mais de quoi je me mêle! Je me tue depuis plus d'une semaine à vouloir lui fabriquer une pizza au chocolat et en plus il se permet de critiquer???
Je reprends donc ma boule de frigo, où je l'avais placée la veille. Enfer! La boule a de nouveau gonflé! Le beurre qu'elle contenait a figé et c'est devenu tout dur.
Il me semble que c'est gros. Je vais la séparer en deux. Tiens, on dirait un cerveau...
Je dois préparer mes armes : le ROULEAU À PÂTE!
On y va? On éfouére la pâte avec le rouleau, et on met de la farine
parce que ça colle partout sinon. J'en ferai deux petites, parce que
sinon mon papier ne sera pas assez grand.
Et voilà le résultat. Oui, je sais, ce n'est pas tout à fait circulaire, mais c'est relativement plat.
Il me reste à faire la garniture. On disait «Saupoudrez chaque cercle de pâte de sucre mélasse, de cacao en
poudre et de noisettes de beurre.» Je vais commencer par tartiner avec de la mélasse.
Ensuite passons au cacao (pour ça j'ai encore besoin de peser la
poudre, de la tamiser, d'en renverser partout, de la remettre dans ma
mesure, puis finalement de me dire que d'la marde, je vais tout
simplement saupoudrer au pif, ce sera beaucoup plus simple).
Ça donne ça :
J'en suis aux noisettes de beurre. Cette fois-ci, pas de chance à
prendre : ce sera du vrai beurre, du beurre salé. Quant aux noisettes,
je vais râper avec mon couteau et voilà. Au pif.
Poursuivons avec les instructions. «Disposez chaque pizza sur une plaque
et glissez-la dans l'étuve pendant 20 minutes à 28°C. Si vous n'avez pas d'étuve, laissez la pâte à température ambiante.»
Je ne fais ni une ni deux, je chauffe le four une minute, je l'éteints
quand il me semble tiédasse, et j'y enfourne mes pizzas.
Ouaaaa, ça gonfle! Je me demande bien comment je vais procéder à la
suite de la garniture! Bah, on verra bien. Déjà le beurre est fondu (ça
fait même des croûtes peu ragoûtantes sur le dessus).
Ensuite? «Ensuite,
mettez la plaque au four à 180°C pendant 10 minutes.» Ça n'a pas amélioré mon problème.
On dit ensuite : «Arrosez alors les
pizzas de crème liquide et cuisez encore jusqu'à ce que la garniture
fasse une mélasse.»
Je vais faire comment, moi, pour mettre de la crème liquide sur cette
surface bombée??? J'ai bien tenté de la transférer dans une assiette à
tarte, mais c'était tout mollasson et je préférais ne rien risquer.
J'ai donc tenté au moins de sculpter ma pizza en forme de pizza, et
d'en remonter les bords.
J'arrive ensuite avec la crème liquide.
Ça donne ça. Beurk.
Pendant que ça cuit, je vais faire des copeaux de chocolat. L'un à
70% et l'autre chocolat au lait. C'est beaucoup plus facile à râper que
du beurre!
Les instructions ne disent même pas combien de temps il faut cuire, même pas une durée approximative. Ce livre de recette n'est décidément qu'une décoration. Pfffft. «...et cuisez encore jusqu'à ce que la garniture fasse une mélasse». Une mélasse??? Je suis mal barrée, comme dit Belle-Mama (qui, entretemps, a réussi de magnifiques gâteaux au yaourt...).
Alors je décide de simplement voir si la pâte est à peu près cuite
en coupant discrètement un morceau de croûte. Je tremple dans mes
copeaux de chocolat avant de goûter parce que je suis brave, mais pas
téméraire.
Et enfin, je goûte :
Heuuuuuuu... Bon, mettons que c'est cuit.
Je saupoudre avec mes copeaux de chocolat. «Parsemez sur les pizzas à la fin de la cuisson.» Encore un peu. Allons-y généreusement, pour camoufler le goût...
Poursuivons la recette : «Servez la pizza entière en la coupant en portions longues et gourmandes comme elle est présentée dans les rues de New-York.» Oui, c'est ça. Ça goûte un peu les rues de New-York...
Il y a moyen de rendre ça un peu plus appétissant...
Et voilà! Servons fièrement (gloup!) à Chéri!
Verdict : «C'est fin, très fin, ça se mange sans faim!»
Tant mieux car il me reste encore la moitié de la pâte que j'ai rangée au congélateur pour un usage futur...
samedi 17 décembre 2005
Le défi, partie 7 : la renaissance!
On
se rappelle que j'avais laissé mon public en haleine en allant écouter
la télé et en oubliant ma bouboule de pâte de pizza au chocolat dans le
four à 25C. Hercule Poirot a découvert le meurtrier et je retourne sans
conviction voir ce qui se passe dans le four.
ÔÔÔÔ Miracle de la technologie!
Si, si, vous avez bien vu! Ça a DOUBLÉ de volume!!!
(La seconde photo est prise avec le flash, c'est le même principe que les publicitaires qui mettent des photos «avant-après» : pour accentuer la différence, dans la photo «avant», la fille (car c'est toujours une fille) est mal coiffée et ne sourit pas, et dans la photo «après», elle est coiffée, maquillée, et sourit toutes dents dehors. Quel que soit le produit annoncé.)
Bref. On dirait que ça a marché et je peux procéder à la suite des opérations! Mercotte n'a qu'à bien se tenir!
Lorsqu'elle a doublé de volume, rabattez-la : appuyez dessus pour chasser l'air... Go! J'y enfonce les poings allègrement!
Ah oui! Ça a fait «Pchouououououout!» et l'air est sorti. Ma bouboule s'est éfouérée lamentablement. Mais c'était prévu. Ils disent bien de chasser l'air.
...puis donnez-lui la forme d'une boule bien ronde. Stockez la au frais.
Après tripotage, la masse est revenue à son statut de naine brune. Je la remets en boule, je pose un film dessus (pour les Québécois, un film, ce n'est pas une chose qu'on demande à Télécino de nous faire tourner, mais bien du saran-wrap). Je la mets au frigo et je l'oublie jusqu'au lendemain.
Et maintenant, les amis, il est l'heure du dodo! Suite de ces palpitantes aventures dès demain!!!
Le défi, partie 6 : la débâcle!
Plus de raison de procrastiner! J'ai la mélasse, je me lance!!!
Armée de Belle-Mama (qui faisait des gâteaux de son côté et qui écoutait avec complaisance mes jérémiades), mais point du mixer, je décide que ce soir est LE grand soir et c'est parti!!!
D'abord, la farine. Tamisez la farine.
Moi j'aurais bien tout foutu dans le bol sans tamiser, mais Belle-Mama
ne voulait pas. Elle m'a donc sorti son tamis, un objet rigolo, qui me
rappelait des souvenirs de bac à sable (le carré de sable, pour les
Québécois).
J'ai donc tamisé mes 250g de farine laborieusement mesurés auparavent,
tout en regrettant qu'il n'y en ait pas plus à tamiser tellement
c'était le fun.
Bon, ceci fait, je passe à la suite. Mélanger l'eau et la levure. Ouais. 2,5 cl d'eau. Faut pas que j'oublie que je ne fais qu'une demi-recette donc je dois couper de moitié. Naturellement, toute fière de n'avoir pas mis 2,5 litres d'eau (divisé en deux), ni même 0,25 litre d'eau (divisé en deux) et heureuse d'avoir déduit qu'il ne me fallait que 0,025 litre d'eau (donc 25g, donc environ 5 cuillères à thé, selon le tableau de conversion du chef Simon), j'ai oublié du coup de diviser en deux. Donc j'ai mis 2,5 cuillères à thé d'eau de trop dans ma levure, qui est devenue hyper-délayée. Mais pas question de rajouter un autre petit sachet de levure, sinon ça va fermenter.
Un peu trop liquide, mais passons.
Je cherche dans la recette à quel endroit je dois mettre le 25g de
cacao en poudre. Je ne trouve pas. Ça vaut bien la peine d'avoir un
livre de recette prout-prout s'il est bourré d'erreurs. Tant pis, je la
mets avec la farine. C'est de la poudre de cacao inca, très prout-prout
aussi, dont le sachet en lin jaune teinture naturelle tissé à la main
est scellé à la cire. Il est composé de cacao biologique, de roucou, de
bois d'ine, de sucre de canne non raffiné (de nos jours, il est très tendance de dire qu'on mange non raffiné... Ya que les paysans mal dégrossis qui mangent raffiné),
et du piment de Cayenne. Notez que ce sont les ingrédients de la poudre
de cacao, et non du sachet que je viens de vous énumérer.
J'incorpore via le tamis, bien sûr, pour m'amuser. Pis parce qu'il y a des mottons dans ma poudre inca de paysan mal dégrossi mais prout-prout.
Ah
zut! J'ai encore oublié de diviser en deux, il ne me fallait que
12,5g!!! Je vais tenter de réparer la gaffe. Je ramasse un peu de cacao
qui est sur le dessus de la montagne de farine.
Dans le mixer, mettez la farine, la levure délayée, le sel, le sucre et les oeufs. On voit bien qu'il n'est pas mention du cacao. Pfffft. Bah. Au point où j'en suis...
Puisque je
n'ai pas de mixer, je mets tout : farine, cacao, sel, sucre et oeufs
dans le grand bol. 15g de sel = 3 cuillèrées à thé, divisé en deux donne
1,5 cuillèrées à thé. Beuuuuurk! Je vais n'en mettre qu'une. 40g de
sucre = 4 cuillèrées à thé, divisé en deux donne 2, j'en mets une dans
ma levure délayée (pour la nourrir, car la levure c'est vivant!) et l'autre
dans mon bol. Et 3 oeufs.
Je n'ai pas encore mis la levure, j'hésite. Mais aaaaaaallez, hop!
On dirait une face de clown... Cuisiner en s'amusant. C'est le bac à sable qui m'a ramenée en enfance... Allons, un peu de sérieux et voyons la suite. Pétrissez avec le crochet pour donner du corps à la pâte. Je vais pétrir avec la fourchette, ça va faire pareil. Je ne m'appelle pas Capitaine Crochet, moi!
J'ai des doutes sur le résultat, alors... «BELLE-MAMAAAAAAA! C'EST NORMAAAAAL, CETTE PÂTE IMMONDE?»
Belle-Mama dit poliment que peut-être bin qu'oui. Elle est toujours dans ses gâteaux (une alternative à ma pizza au chocolat, au cas où je la raterais???).
Ensuite, incorporez le beurre petit à petit jusqu'à ce que la
pâte se décolle de la cuve. 350g divisé en deux. 175g. Je dois quand même faire un peu ramollir le
beurre car j'ai pas de machine qui va brasser ça pour moi....
J'incorpore donc le beurre. Même si je l'ai laissé un peu trop longtemps au micro-ondes.
C'est... euh... Disons que la pâte n'a pas trop de chance de «décoller de la cuve»...
Non,
mais c'est quoi cette merdouille abjecte??? Ça ne se tient même pas!
C'est supposé être une pâte, pas un mélange à gâteau... C'est trop liquide! Ce doit être à cause des 12,5g d'eau que j'ai mis en trop avec ma levure! (En plus j'y ai
goûté, c'est dégueulasse, j'aurais dû utiliser du beurre salé, au moins!)
Je me résigne à rajouter de la farine pour épaissir tout ça.
J'ai un moment de regret pour le temps que j'ai mis à calculer exactement 250g de
farine, mais il faut ce qu'il faut. Et puis, tamiser, c'est amusant.
À force de patience et de farine, ça finit par ressembler à quelque chose qui serait susceptible d'être «rassemblé en boule».
Bon, c'es tpas tout, ça, il faut maintenant que je mette la pâte «à pousser à température ambiante» jusqu'à ce qu'elle ait «doublé de volume»!!!
Mmmm...
c'est mal barré. J'ai une horrible bouboule massive et froide. Une naine
brune. Pas encore un trou noir. Je me demande bien comment une chose
pareille va bien pouvoir lever!!! Pas de chance à prendre, je mets tout ça au
four à 25C (juste pour dire que c'est un peu plus tiédasse, au moins).
J'ai le temps de monter à mon ordi consulter Mercotte, et de m'épancher sur son épaule virtuelle. Elle me répond qu'elle sait bien que c'est un merdouille mais qu'elle joue le jeu et qu'elle rit de moi dans son coin. «je sais je sais bien, mais je joue le jeu moi aussi, ceci dit tu entretiens bien le suspense ! et je ris toute seule dans mon coin !».
Dépitée, je décide d'oublier ça un peu, de toute façon c'est l'heure de mon émission favorite et je ne veux pas la manquer. CHUT! Ça commence!
vendredi 16 décembre 2005
Le défi, partie 5 : la mélasse!
J'ai enfin trouvé de la mélasse!
Grâce aux indications de Mercotte, qui m'a signalé qu'on appelait aussi la mélasse «sirop de batterie» (ouais, bon, c'est pas pire que notre «sirop de poteau»...), et qu'on pouvait le trouver dans les commerces antillais.
Je me suis donc précipitée à l'Étoile des Antilles (petit commerce antillais de ma rue),
... pour demander, d'un air négligeant : «Ouais euuuuuuh, zavez pas du sirop de batterieuuuu, ouais?» avec mon accent parisien.
- Bin oui, qu'il me dit, avec un accent créole, il en reste une bouteille en arrière.
J'ai donc sauté sur la bouteille comme la misère sur le pauvre monde.
Mais
bien que je ne l'aie pas achetée rue Saint Charles, ou chez
Hédiaaaââârd, ou dans le XVIe arrondissement, je l'ai vraiment payée à
prix d'or!!!
Si c'est pas honteux, 6,90 euros pour 500 ml, alors qu'un litre de mélasse coûte environ 2$ dans n'importe quel supermarché au Québec! Je ne suis pas près de faire des binnes, moi!
Bon, le temps de me remettre de mes émotions, et je vais chercher ce satané mixer dont j'ignore encore la localisation...
(Nous avançons à grands pas sur la route jonchée d'obstacles de la pizza au chocolat!!!)
jeudi 15 décembre 2005
Le défi, partie 4 : la pesée
Puisque tout le monde s'impatiente, y compris Chéri, j'ai décidé de m'avancer un peu. Pleine de bonne volonté, je descends la brique (enfin le livre de recette qui pèse une tonne) dans la cuisine et je m'y mets!!!
Étape 1 : je localise la levure et je lis les instructions!
Je constate que le poids d'un sachet n'est pas indiqué. Par contre, on dit que un sachet permet de faire lever précisément 250g de farine. Puisque j'ai décidé de faire une demi-recette, et que j'ai par conséquent besoin de 500/2 = 250g de farine, je réquisitionne un sachet.
Étape 2 : je dois peser la farine!
Me voilà bien embêtée car je suis chez Belle-Mama, et, bien que Belle-Mama m'ait affirmée qu'elle possédait une balance car elle ne pouvait cuisiner sans balance, je ne trouve pas la balance. Ni Belle-Mama. En fait, je vois bien une chose étrange, la seule qui pourrait servir à peser des aliments, mais cela semble un peu laborieux. Enfin. Peut-être que Belle-Mama est de la vieille école et qu'elle utilise vraiment cet engin...
Heureusement, j'ai aussi, comme vous pouvez le voir, localisé le jeu de petits poids.
Bon, puisqu'il le faut, allons-y!
D'abord,
puisqu'il me faut 250g net de farine, il faut que j'ajuste ma balance
pour équilibrer le poids du bol qui contiendra la farine.
Voilà qui est fait!
J'ajoute ensuite à la pesée (pas du côté de la farine, mais du côté du bol, vous me suivez?) un poids de 200g et un poids de 50g. Pour donner 250g. Si, si.
Il ne me reste qu'à ajouter de la farine peu à peu dans l'assiette jusqu'à ce que la balance s'équilibre de nouveau. Ça me rappelle mon cours de physique au Collège de l'Assomption, en secondaire IV.
Voilà
qui est mieux. Mais tout ça a pris du temps, car chaque fois, il faut
attendre que la balance cesse d'osciller et tenir compte de la
précéssion des équinoxes, du mouvement gyroscopique, ainsi que de
l'influx magnétique des orages solaires.
Bref, j'ai mon petit plat de farine, mon sachet de levure, et je vais foutre tout ça au frigo.
Pas
parce que c'est demandé dans la recette, mais parce qu'il faut encore
peser le beurre, ainsi que des quantités homéopatiques de sel, de
sucre, de poudre de cacao... Si je continue avec ma méthode, je n'aurai
pas fini avant minuit.
Et ensuite, il me faut un MIXER!!! Là je me sens un peu dépourvue. Mon cours de physique de secondaire IV ne m'a pas préparé à cette corvée. Et où est-il, ce satané mixer???
Assez de questions existentielles pour aujourd'hui. J'ai fait mon effort. De toute façon, pour souper je vais faire des pâtes. C'est plus dans mes cordes. Et comme dessert, il reste encore des carrés aux rice krispies.
Dernière minute : Belle Mama est rentrée et m'a sorti son assortiment de balances... (elle a ri de moi!?!)
mardi 13 décembre 2005
Les bananes flambées
Non, je n'abandonne pas la pizza au chocolat. J'ai d'ailleurs acheté ce matin une grosse barre de chocolat au lait qui entrera dans la composition de la garniture. (Toujours pas trouvé de mélasse). Mais il y en a marre et j'ai décidé que j'allais tout de même y aller d'un petit dessert amusant en attendant.
D'autant plus que deux bananes étaient en train de pourrir à point sur le comptoir. Je crois qu'elles étaient là depuis mon arrivée en France. Donc je vous présente les instructions pour obtenir des bananes flambées et pour vous débarrasser par le fait même des bananes pourries.
- Bananes pourries (ou brunâtres)
- Cassonnade (attention, ça prend de la Vraie! pas celle avec les gros cristeaux!)
- Beurre (attention, ça prend du Vrai! Du vrai beurre salé!)
- Rhum (n'importe quel, on s'en fout, pourvu que ça brûle)
Ici, on voit la cassonnade requise :
Procédure :
couper les bananes,
mettre du beurre dans la poêle...
et quand le beurre il est bien fondu,
frire les bananes, côté plat en bas,
virer les bananes de bord,
saupoudrer généreusement de cassonnade,
bien agiter la poêle...
ajouter du rhum,
mettre le feu à la cuisine,flamber délicatement,
...c'est prêt!
Le tout ne prend que 10 minutes environ. C'est prêt à servir, la maison embaume le rhum, le caramel fait baver nos papilles, et on peut, si on est vraiment cochon, ajouter de la crème épaisse pour servir, avec un bon verre de lait frais!
Un jour, promis, je vous ferai de la pizza au chocolat!